Aujourd’hui un article qui change de l’ordinaire.

Je voulais répondre à cette question que tous les nageurs débutants et bon nombre de nageurs et  triathlètes se posent !

 

Pourquoi mes performances et ma progression ne sont que minimes en natation ?

La réponse est simple. La mise en place quand à elle est inversement moins…

La réponse :

Car vous devez perdre vos habitudes de terrien et adopté celles d’un être aquatique !

Simple non ?

En effet, bon nombre de débutants voient la natation et mette en place et reproduisent des schémas de terriens dans le milieu aquatique. Que ce soit en terme de propulsion, équilibre…

Donc la première chose est d’oublier ces réflexes et de se construire un répertoire moteur aquatique (RMA) !

 

Maîtrisez les 3 éléments fondamentaux du Crawl

ET GLISSEZ SUR L'EAU DANS 5 SÉANCES !

C’est quoi cette bête ?

Je m’explique. En tant que terrien, vous vous êtes constitué un répertoire moteur afin d’évoluer sur la terre ferme. (Equilibre, motricité…)

En basculant de la terre ferme au milieu aquatique, vous devez vous constituer un nouveau répertoire moteur, avec de nouvelles bases !

Chose la plus simple à comprendre et la plus “visuelle” : sur terre, vous vous déplacez à la verticale (debout) dans l’eau à l’horizontale (couché).

Vous commencez à comprendre là ou je veux en venir ?

Alors vous allez me dire : OK ça j’ai compris. Je dois nager à plat sur l’eau. Mais ça ne répond pas à la question de pourquoi je ne progresse toujours pas !

Alors voilà une réponse qui constitue le tronc commun de la natation. Validez chaque étape les unes après les autres et vous aurez là une solide base (RMA) pour pouvoir progresser.

Allons-y !

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Pour cette première partie, je souhaitais reprendre le début du livre de Michel Pedroletti Les Fondamentaux de la natation.

 

Les bases théoriques

Il est important d’avoir quelques notions des principes qui régissent la problématique des nageurs lors de leurs activités aquatiques.

1 | Le nageur est confronté à un certain nombre de forces qui agissent etréagissent à son corps en déplacement dans l’eau et aux actions qu’ilmène sous et à la surface de l’eau.

2 | La meilleure technique consiste à jouer sur l’efficacité des actions propulsives tout en réduisant au maximum les répercussions des différentes formes de résistances qu’elles vont générer.

 

Conseils de maitre nageur

Apprendre à nager (que vous soyez débutant ou avec la volonté de perfectionner votre nage… ) les contraintes liées au milieux sont identiques ! 

Les réponses elles sont différentes… Alors lisez bien cet article avant d’aller arpenter les bassins lors de vos entraînements. 

Tout d’abord sachez que ces contraintes s’appliquent que vous nagiez en (brasse, dos crawlé ou encore en nage libre !) 

Deux grands types de résistances se dégagent :

1 | les résistances passives, qui sont liées au corps du nageur et qui dépendentde sa morphologie, de sa densité, de sa peau… ;
2 | les résistances actives, qui sont liées à la technique mise en œuvre au traversde la position et des différents mouvements nécessaires à la propulsion.

Si les résistances passives, liées à la forme du corps du nageur, ne peuvent être modifiées, la technique, quant à elle, permet de jouer sur les résistances actives qui sont beaucoup plus dommageables.

À l’inverse de ce que montre l’entraîneur au bord du bassin, ce n’est pas le bras qui se déplace vis-à-vis du corps mais le nageur qui se déplace vis-à-vis de ses appuis. 

 

Attention donc :


=> aux appuis et à la sensation de l’eau ;
=> à être souple et relâché ;
=> à ne jamais être brutal ;
=> à faire le mouvement le plus ample possible.

Nager vite, c’est se déplacer rapidement vis-à-vis de ses appuis ! Des appuis que l’on doit être capable de trouver et de conserver ! Il ne faut surtout pas chercher à tourner les bras rapidement !

 

 

Pour travailler au mieux la diminution des résistances à l’avancement je vous conseil de travailler vos coulées.

Partez du mur et poussez vous énergiquement sans bouger les bras collés aux oreilles.

Ne réalisez aucun mouvements hors mis celui de pousser contre le mur. Et regardez jusqu’ou vous allez ! Réitérez la chose. Vous avez fait 3 mètres ?

Revenez au mur et re-commencez en modifiant votre angle lorsque vous poussez.

4 mètres ? Recommencez en modifiant encore autre chose !

Faites ça 10 fois si il le faut. Petit à petit vous trouverez la position la plus hydrodynamique qui VOUS correspond !

 

Les contraintes du milieu aquatique 

Les problèmes de flottabilité 

L’homme, dans l’eau, n’est plus dans son élément. Il y rencontre un certain nombre de difficultés pour s’y adapter. Sa technique et ses performances vont être influencées :

=> par une plus ou moins bonne flottabilité ; 

=> par les difficultés qu’il va rencontrer pour se maintenir en position horizontale. 

Dans l’eau, le corps du nageur est soumis essentiellement à deux forces : 

=> la poussée d’Archimède ;
=> la force de gravité terrestre. 

 

La poussée d’Archimède 

Notre corps est soumis dans l’eau :

=> à une poussée verticale orientée vers le haut ;
=> cette poussée est égale au poids du volume d’eau déplacé par notre corps ;

=> elle s’applique au centre géométrique du corps dit centre de volume. 

Le nageur flotte si son poids est inférieur au poids du volume d’eau qu’il déplace. 

 

La force de gravité 

La force d’attraction terrestre correspond au poids du nageur : 

=> la pesanteur est une force verticale orientée vers le bas ;
=> elle s’applique au centre de gravité du corps du nageur. 

Chez l’homme, les centres de volume et de gravité ne coïncident pas ! 

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L’équilibre ou couple de redressement 

Nos jambes sont lourdes.

Elles ont un volume plus petit et sont plus lourdes que nos poumons qui sont beaucoup plus légers. 

Le centre de gravité du nageur se situe donc plutôt vers les jambes alors que le centre de volume se situe lui plutôt vers la poitrine.
=> Le centre de gravité se situe au niveau du bassin.
=> Le centre de volume se situe plus haut vers le ventre ou le bas de la poitrine.

=> Ils ne coïncident donc pas, l’équilibre est instable ! 

 

Dans l’eau, nos jambes ont donc tendance à s’enfoncer alors que notre poitrine a tendance à flotter. 

 

Allongés à la surface de l’eau, nous sommes dans un équilibre instable.

=> Deux forces contraires de poussée d’Archimède et de gravité agissent sur nous en s’appliquant en des points différents.
=> Un couple de redressement se met de ce fait en place.
=> Il va tendre à ramener notre corps dans un équilibre stable en entraînant les points d’application des forces de gravité et d’Archimède sur le même axe. 

Couple de redressement M. Pedroletti

 

Il nous faudra donc faire attention :

– à la position du corps pour ne pas accentuer le problème ;
– au placement des bras qui vont avoir une influence sur le déplacement des points d’application des deux forces d’Archimède et gravité ;
– au rôle de la tête, du cou et du menton qui auront la même influence. 

 

Résistances à l’avancement et mécanique des fluides 

Le nageur se déplace à la limite de deux milieux, l’eau et l’air. Son déplacement est la conséquence de forces antagonistes de propulsions et de résistances. 

L’eau offre beaucoup plus de résistances que l’air.

Pour y être efficace :

=> il faut arriver à augmenter les actions propulsives ;
=> mais il faut surtout arriver à diminuer en parallèle au maximum les différentes formes de résistances induites : 

• par la position du corps dans l’eau,
• par les mouvements que l’on fait pour se déplacer. 

En se déplaçant dans l’eau, notre corps se heurte à des masses d’eau inertes qu’il met en mouvement. 

Les résistances que nous rencontrons en nous déplaçant sont de deux types. 

 

1 | Des résistances liées à notre corps :

• à sa forme et sa position dans l’eau quand on nage ;
• au frottement de notre peau sur l’eau ;
• aux vagues qui sont liées à notre déplacement dans l’eau. 

 

2 | Des résistances liées à l’écoulement de l’eau mise en mouvement par notre déplacement dans celle-ci et qui sont également influencées : 

• par la forme de notre corps et sa position quand on nage ;
• mais aussi par le volume qu’il occupe quand on fait des mouvements 
pour nager. 

 

Les résistances de forme

 

Comme nous venons de le voir, ces résistances sont liées :

=> à la forme de notre corps ;
=> à sa position dans l’eau et donc au volume qu’il prend ;
=> aux mouvements verticaux et latéraux que l’on doit faire pour nager et qui lui font occuper un espace plus ou moins important ;

=> à notre vitesse de déplacement dans l’eau. 

Elles regroupent : 

1 | Les résistances frontales représentées par l’ensemble de la place prise par le corps qui se déplace dans l’eau. 

2 | Les résistances arrière de turbulences induites par le déplacement du corps. 

Les résistances de formes sont très dommageables.
Elles augmentent proportionnellement au carré de la vitesse de déplacement dans l’eau. 

 

Les résistances de vagues 

Notre déplacement à la surface de l’eau provoque des vagues. Ces vagues sont plus ou moins fortes en fonction :

=> de notre vitesse de déplacement ;
=> des mouvements verticaux et latéraux que nous faisons pour nous déplacer ;
=> de notre position horizontale à la surface de l’eau ;
=> des zones de pressions frontales et de dépressions arrière induites par notre position de corps et par notre vitesse de déplacement ;
=> de l’entrée et de la sortie de nos bras de l’eau qui provoquent, avec les battements, des vagues et des turbulences qu’on oublie trop souvent et qui sont fortement dommageables à l’efficacité des mouvements propulsifs. 

Ces résistances de vagues sont encore plus importantes. C’est de l’eau que l’on emmène avec soi. Elles augmenteraient proportionnellement au cube de la vitesse de déplacement. 

 

Les résistances de frottement 

Ces résistances de frottement sont liées :

=> au caractère visqueux des molécules d’eau à l’intérieur de la couche limite qui est au contact de notre corps ;
=> les molécules d’eau les plus proches adhèrent à notre peau. Elles se déplacent avec nous ;

=> les molécules d’eau les plus proches de celles qui adhèrent à notre corps sont également mises en mouvement. 

Tout en adhérant un peu moins, elles mettent à leur tour en mouvement les suivantes et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de perturbations ; 

=> la couche limite s’étend de la peau du nageur où les premières molécules adhèrent jusqu’à ce que l’eau ne soit plus perturbée. 

Ces résistances ne sont pas à négliger car nous traînons avec nous, au sens littéral du terme, une masse d’eau qui peut être plus ou moins importante en fonction de notre corps et de notre technique.

C’est la raison pour laquelle les nageurs se rasent et que les combinaisons permettent de bien meilleures performances qu’en maillot de bain. Nous parlons là d’écoulement des fluides dit mécanique des fluides. 

 

La mécanique des fluides 

Les écoulements des fluides ne se font pas non plus sans résistances. On a tous pu en prendre conscience dans notre milieu naturel avec l’air et ce qu’il induit comme phénomènes de résistances et d’aspirations quand nous marchons, courons ou quand nous faisons du vélo. 

Les écoulements des fluides sont de deux types : 

1 | les écoulements laminaires ;
2 | les écoulements turbulents. 

 

Les écoulements laminaires 

Les fluides, quand ils ne sont pas perturbés, s’écoulent de façon régulière : 

=> ils se déplacent selon des lignes de courant qui s’écoulent parallèlement entre elles ;
=> les vitesses d’écoulement des fluides peuvent varier le long d’une même ligne de courant et d’une ligne de courant à l’autre ;
=> les différentes couches de fluide glissent les unes sur les autres sans se mélanger. 

 

Les écoulements turbulents 

L’écoulement laminaire devient turbulent :

=> quand les lignes de courant qui se heurtent à un corps, subissent des changements de direction et de vitesse ;
=> les molécules d’eau rebondissent alors dans toutes les directions ;
=> ces molécules vont percuter les lignes de courant proches les rendant à leur tour turbulentes et ainsi de suite.

 

 

Écoulements turbulents et différences de pressions 

Quand un corps se déplace dans l’eau, une zone de résistance à l’avancement de haute pression se forme à l’avant qui freine son déplacement :

=> les lignes de courant sont complètement perturbées, aucun écoulement laminaire ne peut se faire autour du corps immergé ;
=> ces lignes de courant ne peuvent se reformer que plus ou moins loin derrière le corps immergé en déplacement ;
=> une zone de courant tourbillonnaire de basse pression se forme à l’arrière du corps, provoquant un effet de succion qui freine lui aussi la progression vers l’avant. 

 

Un système de pression/dépression se met en place, des forces s’y appliquent :

 

=> le sens d’application de ces forces se fait toujours des plus hautes pressions vers les basses pressions ;
=> l’intensité de ces forces est proportionnelle à celle des forces de hautes et de basses pressions ;
=> ces forces s’opposent au déplacement vers l’avant et peuvent être très fortes. 

Plus on nage vite, plus les résistances sont importantes. Elles évolueraient proportionnellement au carré de la vitesse de déplacement. 

La forme plus ou moins profilée du corps a donc une grande importance. Le corps de l’homme n’est malheureusement pas particulièrement adapté à l’élément liquide. 

Il faut donc faire très attention à sa position dans l’eau. Elle doit être la plus horizontale possible pour réduire au maximum les inconvénients dus à l’écoulement turbulent et aux différences de pressions frontales et tourbillonnaires arrière. 

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Pour aller plus loin :

Je vous conseille vivement de regarder ma formation sur le crawl

 

Questions fréquentes concernant la progression en natation

 

❓Pourquoi je ne progresse pas en natation ?

Car vous devez perdre vos habitudes de terrien et adopté celles d’un être aquatique. Pour cela vous devrez passer par un certain nombre d’étapes que je détaille dans cet article et qui constitue ce que l’on appel le répertoire moteur aquatique. Équilibre, respiration et propulsion.

 

🏊🏼 Quelles sont les résistances qui m’empêchent d’avancer ?

Deux grands types de résistances se dégagent : les résistances passives, qui sont liées au corps du nageur et qui dépendent de sa morphologie, de sa densité, de sa peau… ; les résistances actives, qui sont liées à la technique mise en œuvre au travers de la position et des différents mouvements nécessaires à la propulsion.

 

🚅 Comment diminuer les résistances à l’avancement ?

Un exercice simple consiste à travailler les coulées -, puis d’ajouter une reprise de nage sans dégrader l’alignement, puis de nager une longueur d’affilée.