Le problème du surplus de poids touche maintenant une si grande partie de la population des pays industrialisés que les organisations concernées le décrivent comme une véritable épidémie. Sans être généralement considérée comme une maladie, l’obésité a des répercussions sur un très grand nombre de fonctions et elle est un important facteur de risque de plusieurs maladies graves et invalidantes. 

Ainsi, elle occasionne des soins de santé supplémentaires extrêmement coûteux et des pertes de productivité. 

Soulignant que plusieurs jeunes québécois ne font pas suffisamment d’activité physique et présentent des problèmes liés au poids, l’Équipe de travail pour mobiliser les efforts en prévention.

Les chercheurs avancent que l’épidémie d’obésité est telle que le Québec fait face à une crise de santé publique qui nécessite une intervention urgente.

Aussi, le Groupe de travail provincial sur la problématique du poids (GTPPP) lance- t-il un appel à l’action en soulignant que « (…) les problèmes reliés au poids augmentent partout, et ceux-ci auront des conséquences graves sur la santé des individus et sur les coûts des systèmes de santé de nos gouvernements ». 

L’excès de poids résultant toujours d’un bilan énergétique positif, l’activité physique peut jouer un rôle important dans le contrôle du poids.

Les connaissances en cette matière ont évolué considérablement au cours des dernières années et aucun document ne rassemble actuellement toute l’information pertinente.

Voilà pourquoi il nous est apparu utile d’interpréter les écrits scientifiques sur l’activité physique et le contrôle du poids. 

Le présent avis s’appuie donc sur plusieurs centaines de rapports de recherche, mis en lumière par l’expertise professionnelle, médicale et scientifique des membres du Comité scientifique de Kino-Québec.

Il apporte un éclairage actualisé sur le rôle que peut jouer l’activité physique dans le contrôle du poids, c’est-à- dire tant pour maintenir un poids normal que pour perdre de la graisse.

En plus de cerner les messages clés qu’il convient de transmettre à ce sujet, l’avis propose des stratégies de prévention et de traitement de l’excès de poids par l’activité physique.

Il fait ressortir l’importance d’agir en amont du problème, de sensibiliser la population à l’importance d’adopter et de conserver un mode de vie physiquement actif et d’aménager des environnements physiques et sociaux favorables à une pratique régulière et assidue d’activités physiques sportives, de loisir et de déplacement qui peut contribuer au contrôle du poids. 

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APPRÉCIATION DU PROFIL CORPOREL 

Il n’existe pas de définition universelle de l’excès de poids, de l’embonpoint ou de l’obésité125, mais on utilise généralement l’indice de masse corporelle (IMC) pour désigner le profil corporel d’une personne, c’est-à-dire pour déterminer si elle est maigre, de poids normal, si elle fait de l’embonpoint ou est obèse. 

IMC (kg/m2) = poids corporel (kg)/taille (m)2 

Par exemple, un adulte mesurant 1,70 m et pesant 80 kg a un IMC de 27,7 kg/m2 : 

80/1,702 = 27,7 

La masse corporelle comprend la masse maigre (os, muscles, viscères et liquides) et la masse grasse. La masse grasse comprend le tissu adipeux sous-cutané, le tissu adipeux viscéral (concentré dans la région abdominale) et les molécules de gras intracellulaire. On appelle pourcentage de graisse la proportion de masse grasse par rapport à la masse corporelle totale. 

Le tour de taille reflète la quantité de gras viscéral. Il procure une information complémentaire à l’IMC, car le surplus de graisse abdominale est associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires, dont l’hypertension, de dyslipidémies et de diabète de type 2 (non insulinodépendant), alors que le surplus de graisse localisé aux hanches et aux cuisses est moins corrélé avec ces problèmes de santé. 

Entre 1985 et 2000, au Canada, le nombre de décès attribuables au surplus de poids et à l’obésité est passé de 2 514 à 4 321. En 2000, ce chiffre représentait près de 10 % des décès prématurés chez les adultes de 20
à 64 ans.

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L’organisation mondiale de la santé (OMS) propose une catégorisation des profils corporels et des risques associés de comorbidité, en prenant le tour de taille comme déterminant de l’augmentation de ces risques (tableau 1). 

Les normes de l’IMC conviennent aux adultes de 18 ans et plus, mais ne s’ap- pliquent pas aux femmes enceintes ou
à celles qui allaitent, aux personnes gravement malades, aux athlètes et aux adultes de plus de 65 ans. Dans certains cas, un poids apparemment élevé pour la taille n’est pas tant dû à un excès de graisse qu’à une rétention d’eau ou à une musculature ou ossature particulièrement importantes, la masse maigre étant plus dense que la masse grasse. Pour évaluer le profil corporel des jeunes de moins de 18 ans sur la base de leur IMC.

En santé publique, c’est à partir des années 1980 que l’IMC puis le tour de taille ont été couramment utilisés comme indicateurs de risque de comorbidité associé au poids. Mais, déjà en 1869, le Belge Adolphe Quételet proposait une formule semblable d’appréciation du profil corporel. Puis, au cours des années 1940, le médecin français Jean Vague faisait un lien entre le surplus de graisse dans l’abdomen et un risque accru de maladies cardiaques.

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LE POINT SUR L’ACTIVITÉ PHYSIQUE ET LE POIDS 

Pour les personnes qui désirent perdre du poids ou qui veulent éviter d’en prendre, la pratique régulière de certaines formes d’activités physiques et sportives peut jouer plusieurs rôles : certains sont évidents, d’autres moins bien connus. Par ailleurs, certaines vertus que l’on pourrait être tenté d’attribuer à l’exercice physique pour perdre du poids ne résistent pas nécessairement à la vérification scientifique. 

Ainsi, ces différents points mettent en lumière les rôles potentiels, avérés et non avérés, de certaines formes d’activité physique dans le contrôle du poids, comme le révèlent les recherches menées avec la rigueur requise. Il s’agit notamment de mettre en perspective la valeur des principales stratégies de perte de poids, c’est-à-dire la réduction de l’apport énergétique alimentaire et l’augmentation de la dépense énergétique par l’exercice physique. 

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Diète amaigrissante et exercice physique 

1- Accroître l’activité physique est la seule manière d’augmenter la dépense énergétique sur laquelle on peut exercer un contrôle volontaire. 

2- Augmenter l’activité physique sans réduire l’apport calorique permet de maigrir à condition que la dépense énergétique soit importante. 

3- Augmenter l’activité physique tout en réduisant l’apport calorique est la meilleure stratégie pour maigrir. 

4- Maintenir une dépense calorique importante est la clé d’une stabilisation du poids après amaigrissement. 

5- La restriction calorique par la diète et l’activité physique sans diète sont deux stratégies qui peuvent mener à une réduction de la masse grasse et du volume du tissu adipeux viscéral. 

6- Une aptitude aérobie élevée réduit le risque de développer un diabète de type 2, tant chez les personnes ayant un problème de surpoids que chez celles d’un poids normal. 

7- La pratique régulière d’activités physiques améliore l’action de l’insuline et la tolérance au glucose. 

8- L’activité physique diminue la pression artérielle des personnes hypertendues, indépendamment des changements de poids. 

9- L’activité physique améliore le profil lipidique des personnes qui perdent du poids. 

10- Les personnes obèses qui possèdent une bonne aptitude aérobie risquent moins de mourir prématurément. 

11- L’amélioration de l’aptitude aérobie réduirait davantage le risque de mort prématurée que la seule diminution du poids. 

12- L’amaigrissement par la diète et l’activité physique améliore la fonction érectile des hommes obèses.

13- Qu’il y ait ou non perte de poids, les personnes ayant un surplus de poids qui augmentent leur volume d’activité physique récoltent des bénéfices pour leur santé. 

EN CONCLUSION, UNE APTITUDE AÉROBIE PLUS ÉLEVÉE ET UN PLUS GRAND VOLUME D’ACTIVITÉ PHYSIQUE OFFRENT UNE PROTECTION CONTRE DE NOMBREUX PROBLÈMES DE SANTÉ ASSOCIÉS AU SURPOIDS. AINSI, LES PERSONNES OBÈSES ONT AVANTAGE À S’ENTRAÎNER RÉGULIÈREMENT NON SEULEMENT POUR AVOIR UN BILAN ÉNERGÉTIQUE NÉGATIF, MAIS AUSSI POUR RÉDUIRE LE RISQUE DE DÉVELOPPER DES MALADIES ASSOCIÉES À L’OBÉSITÉ ET D’EN MOURIR PRÉMA- TURÉMENT, DE MÊME QUE POUR AMÉLIORER LEUR CONDITION PHYSIQUE. 

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Exercice physique, métabolisme énergétique et masse maigre 

14- Une séance d’activité physique, surtout si elle est intense, augmente le métabolisme de repos pendant quelques heures, ce qui rend moins difficile la perte de graisse. 

15- S’il existe une intensité optimale d’entraînement pour perdre de la graisse, elle est relativement élevée. 

16- L’activité physique n’aurait pas d’effet permanent sur le métabolisme de repos. 

17- L’exercice aérobie intense et la musculation préviennent la diminution de la masse maigre qui accompagne un régime amaigrissant. 

18- Maintenir un volume élevé d’activité physique et un apport alimentaire adéquat préserve contre la dimi- nution du métabolisme de repos associée au vieillissement. 

EN CONCLUSION, LA PRATIQUE RÉGULIÈRE D’ACTIVITÉS PHYSIQUES AÉROBIES D’INTENSITÉ MOYENNE ET, À PLUS FORTE RAISON, ÉLEVÉE, AINSI QUE DES EXERCICES DE MUSCULATION ONT UN EFFET FAVORABLE SUR LE MÉTABOLISME DE REPOS ET PRÉ- VIENNENT LA RÉDUCTION DE LA MASSE MAIGRE
LIÉE À L’AMAIGRISSEMENT ET AU VIEILLISSEMENT 

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Exercice physique et apport alimentaire 

19- Après une séance d’activité physique d’intensité élevée, la diminution de l’appétit est passagère. 

20- Dès lors qu’un certain seuil de dépense énergétique quotidienne est franchi, le contrôle de l’appétit serait davantage intrinsèque et moins extrinsèque. 

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Une étude menée à l’Université Laval a montré qu’un programme de courtes séances d’entraînement de quinze semaines comprenant de brèves périodes d’effort d’intensité très élevée s’accompagne d’une plus grande perte de graisse qu’un programme de vingt semaines comportant de longues séances d’entraînement continu d’intensité moyenne.

Exprimée au prorata du nombre de calories dépensées, la perte de graisse chez les sujets du groupe d’entraînement d’intensité élevée était neuf fois plus grande que celle observée chez les sujets du groupe d’entraînement d’intensité moins élevée.

L’avantage de l’entraînement par intervalles s’expliquerait par une plus grande combustion de gras et une diminution sensible de l’appétit dans les heures qui suivent les séances. À noter que l’entraînement comprenant de brèves périodes d’effort d’intensité très élevée ne convient pas nécessairement à tous et qu’il est toujours préférable d’y aller progressivement. 

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Cet article est la conclusion d’une série d’articles sur la nutrition. Vous pouvez les retrouver ici :

1- Quelle diététique pour vous sportif ?

2- Quel rôle ont les glucides et faut il en manger ? 

3- Les lipides cette graisse essentielle !

4- 10 raisons de consommer des légumes par Rich Roll

Mehdi

Mehdi

La personne qui a rédigé cet article avec amour !

Cet article a été rédigé en 146 minutes et 7 cafés par Mehdi qui est le créateur du site Natation Facile.
Maniaque de l‘analyse technique et du renforcement musculaire j’ai pour unique but d’améliorer vos performances sportives !
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