Définition et étiologie:

La scoliose est une déformation structurale de la colonne vertébrale, qui s’aggrave dans le temps et est évolutive dans les 3 plans de l’espace. Elle touche essentiellement les enfants ou adolescents, mais elle peut aussi se déclarer à l’âge adulte.

Nous retrouvons deux types de scolioses :

–        Scoliose idiopathique (sans cause) est la plus fréquente (75%). Elle touche plus souvent les femmes (8 filles pour 2 garçons). On retrouve des facteurs familiaux, génétiques, neurologiques et hormonaux dans ce type de pathologie. Par conséquent, si vous avez des antécédents familiaux de scoliose, optez pour un dépistage précoce et faites examiner votre enfant par le médecin de famille. N’hésitez pas à demander des exercices qui peuvent améliorer la posture et renforcer les muscles de la colonne vertébrale.

–        Scoliose secondaire suite à :

  •  Des maladies neuromusculaires (myopathies)
  • Des malformations congénitales
  • Des pathologies du tissu conjonctif (Marfan)
  • Des infections
  • Des tumeurs…

Que recherche votre médecin ?

Votre médecin va regarder les déformations de la colonne vertébrale dans les trois plans de l’espace.

Schéma des 3 plans de l’espace

Dans le plan frontal votre médecin recherche l’inclinaison de la colonne, ainsi que l’incurvation mesurée par l’angle de Cobb grâce à une radiographie de la colonne vertébrale. Cet angle exprimé en degré caractérise une courbure formée par une droite passant par la vertèbre supérieure et une droite passant par la vertèbre inférieure.

Dans le plan horizontal, il regardera la rotation vertébrale accompagnée d’une gibbosité (bosse) visible à l’examen clinique.

Scoliose vrai ou non ?

On parle d’attitude scoliotique où l’inclinaison ne s’accompagne d’aucune rotation et qui se corrige en position couchée.

Ces attitudes scoliotiques sont pour la plupart des cas réductibles et correspondent à une attitude positionnelle liée à une inégalité de longueur des membres inférieurs, à une attitude antalgique ou une pathologie du bassin.

Les vraies scolioses donneront une inclinaison associé à une rotation et ce quelque soit la position.

Pronostic et évolution :

Pronostic global :

La scoliose s’aggrave avec la croissance et l’évolution est plus lente à l’âge adulte. Lors de la ménopause chez les femmes, le déficit hormonal fragilise la colonne et la scoliose s’aggravent de nouveau.

Evolution :

L’évolution des scolioses se fait en trois période, elles prennent en compte la maturité osseuse.

Cette courbe représente l’évolution potentielle théorique d’une scoliose. Il faut remarquer l’accentuation de la pente représentant l’aggravation entre 10 et 15 ans : c’est pendant les périodes pré-pubertaire et pubertaire que le risque principal d’aggravation existe. Il ne faut bien sûr pas négliger la phase de l’enfance, phase pendant laquelle également la surveillance devra être constante.

La première phase (1 sur la courbe) : va de l’enfance aux premiers signes de la puberté (en moyenne 11 ans chez la fille, 12 ans et demi chez le garçon)

La deuxième phase (2 sur la courbe) : c’est la période pubertaire qui s’achève avec la fin de la maturation de la colonne vertébrale, les premières règles ou le premier rasage se situant dans la première moitié de cette période. C’est à cette période que l’aggravation est majeure, on peut voir les choses s’aggraver alors en 3 ou 4 mois ! Si l’évolution est très rapide à cette période, il sera nécessaire de faire une évolution de l’âge osseux par une radiographie de la main gauche et du bassin.

La troisième phase (3 sur la courbe) : elle correspond à l’évolution post-pubertaire

De ces 3 points découlent plusieurs constatations et remarques :

–        Il ne faut pas attendre l’apparition des caractères sexuels secondaires (seins, poils pubiens et première règles pour la fille et les poils pubiens, la moustache et les testicules chez le garçon) pour surveiller une scoliose débutante, éventuellement pour proposer un traitement.

–        Il ne faut pas attendre le début de la puberté pour surveiller une scoliose débutante, à fortiori pour proposer un traitement.

–        Le médecin spécialiste doit attendre les preuves cliniques ou radiologiques de l’aggravation de la scoliose pour entreprendre un traitement.

–        Au plus tôt une scoliose sera dépistée, au plus elle aura des chances de voir son aggravation limitée.

–        Au fur et à mesure que l’on se rapproche de la maturité osseuse, le traitement mis en place peut s’assouplir (kinésithérapie plus étalée, port du corset diminué…)

Néanmoins le principal critère d’évolution de la scoliose est l’angle de Cobb, qui se mesure sur une radiographie de la colonne.

Retentissement fonctionnels :

Ventilatoire :

Le déplacement vertébral rétrécit le thorax et entraîne une insuffisance ventilatoire par modification du grill costal et surtout une détente du diaphragme.

Neurologique :

Possibilité de compression de la moelle dans une scoliose grave.

Compression médullaire ou radiculaire en cas de dislocation rotatoire. La Dislocation Rotatoire désigne un glissement de la vertèbre en sens latéral.

Algique :

En général une scoliose n’est pas douloureuse. Il faudra rechercher une cause précise à cette douleur.

La scoliose dégénérative de l’adulte est douloureuse en raison de l’instabilité intervertébrale. La douleur est rachidienne et radiculaire.

Esthétique :

C’est la déformation qui est à l’origine de la découverte de la scoliose.

Cette déformation inesthétique est ressentie par :

–        La famille de l’enfant atteint

–        l’enfant dès l’adolescence,

Ce qui peut causer de graves problèmes psychologiques.

Traitements :

Orthopédique :

Le traitement orthopédique a pour but de stopper l’aggravation inéluctable d’une scoliose pendant la croissance.

Le traitement orthopédique est décidé devant la preuve de l’évolutivité d’une scoliose à 2 contrôles consécutifs ou devant une scoliose grave d’emblée.

Le traitement orthopédique ne s’adresse qu’à des scolioses lors de la croissance; il n’a pas lieu d’être chez l’adulte.

Ostéopathie et Kinésithérapie :

Les séances permettront : le maintien de souplesse, la rééducation respiratoire, la correction posturale et la musculation des muscles de la colonne.

Attention en aucun cas, ces techniques permettent de soigner le patient, c’est un complément de traitement à l’appareillage.

Chirurgical :

Le traitement chirurgical a pour but de corriger la déformation et de maintenir le résultat. Il utilise des implants métalliques (crochets et vis) qui par des tiges corrigent et maintiennent la colonne en bonne position.

La chirurgie associe au matériel une arthrodèse (intervention chirurgicale destinée à bloquer une articulation lésée par l’obtention d’une fusion osseuse) qui fixera pour toujours le rachis dans la bonne position. La zone opérée est donc bloquée pour toujours.

Le traitement chirurgical s’applique aux scolioses graves (plus de 40°), en fin de croissance.

Il est possible chez l’adulte en cas de mauvaise tolérance de la scoliose.

Les scolioses et le sport :

On a souvent entendu dire que face à une scoliose, le sport doit être réalisé avec précautions, et seulement quelques activités sportives sont autorisées ! Pourtant, aujourd’hui, l’avis du corps médical a évolué. Les personnes touchées par une scoliose peuvent ainsi réaliser un nombre très important de pratiques sportives. La priorité étant le renforcement musculaire spécifique qui permet de tonifier et consolider le dos, c’est pourquoi la pratique d’un sport en dehors de l’école est bénéfique lors d’une scoliose.

Les sports conseillés sont le vélo, les sports de combats et même les sports asymétriques (tennis, hockey, ….)

Seul le judo incitera à la prudence en raison des chutes violentes sur le dos, ainsi que le rugby qui reste traumatique pour le corps.

Quant à la natation, elle sera bénéfique qu’en la pratiquant à un niveau de compétition. Ce sport se caractérisant par le fait d’enlever la pesanteur, ce qui réduit le travail des muscles du dos et des abdominaux, ce qui va à l’encontre du traitement de la kinésithérapie. Elle pourra cependant soulager transitoirement les douleurs du dos.

Néanmoins l’avis de votre médecin pour la pratique d’un sport reste essentiel

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge